INCENDIE A TANGER
Marc-Gil Ar Blouc'h
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incendie à Tanger
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INCENDIE A TANGer
Marc-Gil Ar Blouc'h
Editions Amalthée
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Chansons de Marc-Gil Ar Blouc'h sur

You tube  et Dailymotion

(J'attends, un enfant triste,passer la frontière, je ne sais plus quand...)

Le divorce de Roméo et Juliette
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Marc-Gil Ar Blouc'h nous raconte l'histoire d'un Roméo et d'une Juliette de la modernité et comme dans le cas des deux héros mythiques l'histoire de deux familles irréconciliables.
Seulement le contexte n'est pas celui de Vérone mais de la République avec ses lois et sa justice.
Et la Vérone de la dague et du poison devient celle de la juge et des pensions tout aussi mortelles.

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Interview
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Interview de Benjamin Summer avec Marc-Gil Ar  Blouc'h
B Summer: Bonjour Marc- Gil tu permets que je te tutoie?
Marc-Gil Ar Blouc'h : Comme le disait Mitterrand, vous pouvez me tutoyer.
BS: Est-ce que tu es d'accord avec l'idée de considérer que tu as écrit le roman du divorce?
MGAB: Je trouve ça un peu simpliste. On parle de divorce dans mon roman mais pas avant le 43 ième chapitre et je trouve ça un peu réducteur, de toute façon c'est devenu un sujet d'une extrême banalité et je ne suis pas le seul à aborder la question. Dans la plupart des romans actuels c'est un peu un passage obligé car présent dans la vie de nos contemporains, c'est à dire la vie d'un frère, d'un cousin, d'une soeur, d'un ami, d'un voisin. Je voulais simplement défendre la thèse qu'aujourd'hui une histoire d'amour comme Roméo et Juliette selon les règles actuelles se terminerait par un divorce ce qui, évidemment, d'une certaine manière, réduit un peu la portée dramatique quoique...
En fait, je pense que je fais plutôt une description des rapports humains  notamment ,évidemment les rapports hommes-femmes.
BS: Alors, justement tu fais une description négative pour ne pas dire apocalyptique de ces rapports.
MG A B: Evidemment, on peut dire ça, mais je trouve, qu'en fait, je travaille un peu comme un entomologue et que la description que je fais n'est que clinique.
BS:Est-ce que tu ne crois pas que c'est un peu conservateur dans cette dénonciation de l'époque moderne?
MGAB: En tous les cas c'est la seule période que je connaisse et je n'ai aucune nostalgie pour un âge d'or qui pour moi n'est qu'un mythe. En fait , j'essaye de raconter une histoire et il est évident qu'on cherchera à interpréter  et à tirer des conclusions. J'étais surtout intéressé par l'idée de broder autour du thème de la passion amoureuse. l'amour c 'est ce qui rend la vie supportable ,en même temps  c'est ce qui la rend  impossible voire mortelle et je ne pense pas qu'on puisse sortir de ce dilemme .
BS: Pour revenir à tes obsessions, on voit que tu as une vision  négative de la modernité et en particulier des institutions, disons républicaines, pour parler clairement.
MGAB: Je ne décris que ce que je vois.Tu ne peux nier que les rapports humains sont devenus des rapports mercantiles et que les institutions sont au service de cet état de fait ,au lieu de rechercher l'intérêt général.
BS: Oui, une grande critique de ta part concerne l'institution judiciaire, à tel point qu'on pourrait dire que ton roman est un véritable pamphlet.
MGAB: J'ai pourtant,  tout fait, pour essayer d'éviter cet écueil, je ne voulais que raconter une petite hsitoire qui part de la solitude, puis une relation à deux , à trois , à deux et à nouveau la solitude. Je n'ai pas d'ambitions politiques mais en tant qu'électeur, il est inévitable d'avoir des opinions et en se levant le matin ,on ne peut faire abstraction du monde tel qu'il est;
BS: Je ne voudrais pas tourner autour du pot, tu fais une critique d'une grande, voire d'une extrême violence contre l'institution judiciaire utilisant des mots plus qu'explicites.
MGAB: En fait, ce sont les mots que les personnages utilisent , ce ne sont donc pas mes paroles, mais c'est vrai que je me suis un peu amusé à broder autour du thème de l'affaire d'Outreau, même si les thèmes que j'aborde ne concernent pas ce sujet. On voit que l'une des fonctions régaliennes de l'institution judiciaire est de détruire des êtres humains innocents. D'ailleurs on peut dire que la justice  est le domaine, par excellence où les thèmes républicains sont systématiquement  baffoués.La prestation compensatoire est payablepar les hommes dans 98% des cas, la pension alimentaire dans 95 %  et la garde est accordée à la femme dans 90% des cas. On a donc un système dont le véritable nom n'est rien d 'autre que la rapine et le racket et qui plus est immoral où l'adultère est un droit.Au regard de ça, on peut dire que l'idéal républicain d'égalité est une bonne blague. Il n'y  a qu'à regarder historiquement le vote censitaire, la conscription et aujourd'hui la justice familiale pour voir quelle intoxication cela a pu être aux mains des "hussards". Quant à parler des magistrats, je pense qu'une partie est constituée d'individus déviants voire criminels ou alors si l'on pense que ce n'est pas le cas, il faut retirer la notion de crime du code pénal. Qui plus est il s'agit d' une fratrie d'irresponsables car jamais passibles de la moindre sanction. D'ailleurs je citerais mes sources l'ancien juge d'instruction démissionnaire Leguevaque qui considère que la magistrature est un" corps vérolé".
BS: Donc tu es un auteur engagé?
MGAB: Oui comme Monsieur Jourdain sans le savoir.
Les histoires d'amour démarrent toujours bien
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        Incendie à Tanger          M G Ar Blouc'h

Chap 19  pages 86 ,87

Après un virage, il y avait une maison abandonnée qui surmontait une falaise. Sur la gauche un champ de pommes de terre et sur la droite un sentier longeant un jardin où poussaient des orchidées, des digitales et des aubépines au milieu des herbes folles.

-Prenons à droite ce sentier qui descend par la colline jusqu'à la mer, dit Nadine.Il faut que tu me prennes la main autrement, je risque de tomber.
Au bord, poussaient des plants de bruyère. En bas,il y avait une crique encaissée, presque un lieu secret. Nadine se dévêtit complètement, et se jeta dans l'eau, Michel la suivit mais comme l'eau était un peu fraîche, à son goût, après quelques brasses, il alla s'asseoir sur le sable pour se faire sécher. Nadine fit quelques longueurs et ressortit dégoulinante d'eau, grande ,mince, nue quelques rayons de soleil se jouant dans sa chevelure blonde et Michel contempla le spectacle de cette naïade dont la silhouettte se dessinait sur le sable dans le soleil rougeoyant sur l'horizon.
chap 39 page 165
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               Incendie à Tanger                
      MG Ar Blouc'h

page165

Il n 'y avait qu'au moment où elle se passait des crèmes sur les pieds qu'elle revenait dans la chambre, s'asseoir sur le lit, disant que ses crèmes exfoliantes coûteraient moins cher que des desquamations coûteuses dans un institut de beauté et "c'est toi, disait-elle qui est toujours à te plaindre qu'on n'a pas assez de fric, tu vois bien que je te fais faire des économies, tu ne vas pas en plus râler ". Dans les premiers temps, Michel attendait dans son lit qu'elle fût disponible, essayant de se rappeler qu'ils étaient, quand même mariés, puis , avec le temps,il s'endormait alors que la lumière, une petite lampe de chevet ,était toujours allumée dans la chambre et que Nadine se massait la plante des pieds ou se limait les orteils, car elle disait qu'elle voulait que son corps soit irréprochable et ne pas dépareiller au milieu de cette jeunesse qu'elle était appelée à côtoyer.
Chap 37 page 156
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Incendie à Tanger    MG AR Blouc'h

page156

Le lit de Jessica était en flammes et il  y avait une odeur âcre, étouffante qui sortait de la chambre.Il se précipita dans la cuisine pour retirer un torchon qu'il trempa dans l'eau du robinet et qu'il se mit sur la tête mais, il était impossible de pénétrer dans la pièce, l'incendie prenait des proportions inimaginables et allait bientôt s'attaquer au salon, s'il n'était pas immédiatement circonscrit .Voyant qu'il était inutile de résister,il eut juste le tempsde se précipiter vers la porte d'entrée et de l'ouvrir mais, ceci  fit un appel d'air qui attisa encore plus les flammes,avivant la chaleur et il s'empressa de refermer la porte.
Le hasard fait parfois mal les choses
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Incendie à Tanger      MG Ar Blouc'h

Chap 11  page 53

Il ne vit qu'elle sur le pont, en dépit de la foule.Grande, mince, blonde. Elle se rapprochait de lui, ils allaient se croiser, peut-être sans se parler. Tout de suite, il la reconnut, comme s'il l'attendait. Il s'interrogea. Me reconnaîtra-t-elle, elle aussi ?  Une angoisse le prit, si cela ne devait pas être le cas .Il fit exprès de dévier sa route pour se retrouver juste en face d'elle, en plein milieu du pont. Il s'arrêta devant elle.
-Je crois que nous nous connaissons...
incendie à Tanger
Subitement, il eut  l'idée qu'il  irait voir Mme Tanqueray qui habitait un petit appartement de la rue des Ecoles. Mme Tanqueray avait été une connaissance de sa grand-mère à Saint Lô et qui veuve était allée  vivre à Paris avec son fils, quand celui-ci avait entamé une carrière dans le théâtre, il était mort de maladie à 25 ans. Sa mère n'avait jamais pu prononcer le mot sida. Michel s'était presque fait un devoir de lui rendre visite.Il n'avait pas eu de parents, elle avait perdu son fils unique.Ils s'étaient mutuellement adoptés.
Le souk page 129
..., c'était à Michel qu'incombait la tâche de se rendre dans le souk, ce qu'il faisait de bonne grâce, se mêlant aux hommes portant la djellabah et aux femmes portant le haïk. Il s'arrêtait dans les cafés pour savourer le thé, écoutait les musiciens, regardant les charmeurs de serpents et faisait ses courses au milieu des tentes de fortune où il achetait des légumes et des fruits qu'il croquait en marchant .Il  descendait les ruelles étroites mais, ombragées et allait admirer le travail des artisans  , les dinandiers martelant le cuivre suivant des méthodes ancestrales,et amenant selon leur volonté les formes choisies...
page 285
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...mais que voulez-vous, nous sommes en république et la république ne connait que la lobbycratie;ici, en l'occurence la vaginocratie. Soudain des hurlements et des vociférations se firent entendre comme venant d'un cul-de-basse-fosse ou d'une caverne.
-Ah, ah ... soudain tous tournèrent la tête en direction d'une femme d'un certain âge, ridée comme une vieille pomme, ou comme un vieux pruneau et écarlate de fureur comme un boudin, à demi cachée sous un ample manteau et sous un chapeau à cerises dont les cheveux blancs tombaient comme de l'étoupe et qui ulcérée voulut prendre  part au débat et leva les bras au ciel pour le prendre à témoin ou pour lancer des imprécations:
-Ah , ah ,je suis scandalisée par vos propos, Messieurs, ce restaurant est-il devenu un repère à phallocrates réacs, faudrait-il mettre aux orties toutes ces avancées dont ont bénéficié les femmes, arrachées à ces sociétés patriarcales et réactionnaires, faudrait-il revenir à l'âge de pierre, où les  hommes se partageaient les femelles comme le font les bêtes. Le rôle de la femme est-il d'être l'esclave sexuelle des débauches de l'homme pervers et violent, doit-on renoncer à la castration chimique ou autre, des violeurs, ce que sont, si l'on y réfléchit bien, la majorité des hommes, toujours prêts à se précipiter sur nous autres femmes et à nous violenter ou à nous violer. Je fus en son temps l'une des signataires du manifeste des 343...
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-...Vous savez une erreur que j'ai souvent vue et qui est commise par beaucoup d'hommes est de croire que dans une procédure de divorce,ils ont des droits, en tant que citoyens, or,il n'y a rien de plus faux.
-Ils ont quand même le droit de payer les pensions...
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Depuis des mois , Michel attendait de recevoir des nouvelles de son avocat.Il avait bien essayé d'appeler son cabinet mais, tombait immanquablement sur la secrétaire qui lui disait que Maître Marchioni n'était pas disponible, qu'il était au palais, qu'il était en rendez-vous... l'incompréhension est une histoire habituelle entre les avocats et leurs clients... les clients ont tendance à imaginer qu'ils sont dans une situation unique... les avocats n'y voient qu'un numéro, leur nième client et s'ils veulent que leur bizness tourne et soit prospère, ils ont intérêt à les accumuler, en sachant que tout obéit à une mécanique huilée et que leur rôle est limité. C'est toujours la femme qui aura la garde et l'homme qui devra payer la pension.Ils savent par conséquent, très rapidement ,que tout effort exagéré, de leur part, est parfaitement inutile et que tout obéit à un ordre immuable...  les avocats savent que les dés sont pipés, ce qui explique leur indolence, pour ne pas dire leur inévitable paresse, qui peut faire  l'illusion qu'il s'agit de sagesse et d'expérience...
page 293
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- Croyez-vous qu'on puisse garder espoir?
-Pour répondre à ta question, poursuivit  Eric, je dirais peu, il y a peu d'espoir, en raison du corporatisme de la magistrature, à moins d'un coup de balai du politique, mais ce n'est pas pour demain avec le CSM qui n'est rien d'autre qu'un syndicat de   magistrats, d'ailleurs, le sens de cet acronyme est "Conseil du syndicalisme de la magistrature";.. (les magistrats) se présentent comme les soubassements de la démocratie... (mais)ni leur organisation , ni leur fonctionnement ne sont démocratiques car ils ne rendent de compte à personne, ne sont passibles d'aucune sanction et ne peuvent être déboulonnés, comme c'est le cas de tout élu indélicat au moyen du scrutin.
-Oui, exactement, poursuivit Michel quii voulait participer aux débats,ça me fait marrer d'entendre les syndicats de la magistrature prétendre que les magistrats sont "parfaitement compétents et parfaitement honnêtes" ce n'est pas du tout ce que dira M Quidam, qui lui , entre parenthèses pourra être parfaitement honnête, si par malheur, il tombe entre leurs mains,il découvrira la vérité ,à savoir, qu'ils sont parfaitement malhonnêtes et surtout plus grave, parfaitement criminels.
Tous se mirent à applaudir ce joyeux commentaire de Michel qui faisait l'unanimité. Même Evelyne était prise par cet enthousiasme communicatif et, on ne pouvait savoir si elle opinait du bonnet aux propos d'Eric ou aux verres de vin que généreusement on lui servait car Guy qui oeuvrait en tant qu'échanson voulait à chaque instant , lui donner la priorité...
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-Je ne porte pas des accusations en l'air, quand je parle de république bananière, mais, prenons l'exemple des non-présentations d'enfants. Officiellement, c'est un délit, dans la réalité, les sanctions sont inexistantes ou dérisoires, qui plus est , il est quasiment impossible de trouver un flic qui acceptera votre déposition,ils vous diront , à juste titre ,qu'ils n'ont pas le temps, plus urgent à faire.
-C'est qu'à la base, poursuivit Guy, la magistrature est un monde vérolé et au- delà, c'est l'idéal républicain qui est vérolé...
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-Vous avez traité (dit Evelyne) nos  nobles magistrates de la justice familiale qui oeuvrent, avec une telle abnégation, au service de l'intérêt du droit des femmes et des femmes opprimées par des maris barbares et violeurs, oui, je vous ai bien entendu, vous les avez traitées de salopes, d'ordures et même de putassières, si j'ai bien entendu. J'ai noté vos propos sur un  carnet , ce carnet, ici, et qui servira de pièce à conviction...
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-Allô, c'est moi, (dit Michel), qu'est-ce que tu as fait, pourquoi as-tu changé la serrure?Nadine était enfin rentrée et accpetait de répondre au téléphone.
-Les résultats de l'ONC sont arrivés aujourd'hui, si tu veux, je vais te lire ce qu'il y a dans le jugement. Tout ce que j'ai fait est parfaitement légal. La juge m'a octroyé le domicile conjugal à titre gratuit et les meubles meublants donc, tout est à moi et tu n'as qu'à te casser et te faire foutre.
-Mais dans l'appartement, il y a toutes mes affaires, tu ne peux pas m'empêcher de récupérer mes affaires.
-Je ne fais qu'appliquer la légalité.
-Si tu te sens bien à profiter d'une légalité dégueulasse. De toute façon, tu ne peux pas m'empêcher de récupérer mes affaires.
-Tu n'as qu'à aller te faire foutre que je te dis ...
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      L'avocat semblait ne vouloir pas répondre mais, il se décida quand même à dire:
-La justice n'est pas une science exacte, il y a quequefois des choses étonnantes.
      Michel lui trouvait une tête de fripouille mais, il se disait qu'il avait le physique de l'emploi car si l'on veut mener un combat ,mieux vaut le mener avec des chacals, des rats, des hyènes ou des loups qu'avec des agneaux  et des colombes, et le portrait qu'avait établi Marchioni de la magistrature était assez accablant pour qu'on veuille se faire aider de crapules...
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Le problème (dit Eric) qu'on le veuille ou non est quand même un corps  de magistrats aux affaires familiales constitué à 95% de femmes or si l'on réfléchit bien à l'idée de justice: Vouloir être juge c'est  se prendre pour Dieu , vouloir agir à la place de Dieu et symboliquement l'image de Dieu est celle du père, de la paternité et non pas de la commère ou de la cancanière or on voit des jugesses qui   ne sont rien d'autre que des cancanières se délectant à l'idée de fourrer leur nez dans l'intimité des familles, de connaitre les secrets et d'instrumentaliser au profit de la justice d'immondes commérages, quand ce ne sont pas des mensonges avérés...
Chap 1 page 7
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-C'est fini.
-C'est fini quoi?
-Eh bien, entre nous, ça a été une belle histoire, y  a eu de bons moments mais, c'est comme pour tout, il faut savoir tourner la page. Je me vois pas  continuer comme ça. Tu nous vois tous les deux avec notre chien devenus des petits vieux?
-De toute façon, à moins d'un départ  prématuré, on finira bien par devenir des petits vieux, ensemble ou pas.
-Eh bien , justement , j'aime mieux que ce soit pas ensemble.
-C'est pas ce que tu disais, il n'y a pas plus de trois semaines. C'est toi qui faisais des projets, j'avais plutôt tendance à te mettre en garde.C'est bien toi qui avais proposé d'aller ensemble aux sports d'hiver. Tu m'avais dit que ça te faisait plaisir et c'est moi qui ai fait  les réservations.
-Des projets, on raconte des conneries, évidemment , faut pas tout prendre au premier niveau, comment on dit, au pied de la lettre. Moi j'ai un peu envie d'aventure, de faire des trucs nouveaux et puis, puisque tu insistes, je vais pas tourner autour du pot, plus longtemps, j'ai rencontré quelqu'un et puis, je vais te le dire, c'est pas que tu es méchant mais, je te trouve un peu gnangnan.J'ai rencontré un type, ça été le coup de foudre, un mec super.Il est dans les affaires,proche des milieux politiques, tu vois le tableau, il connait du beau monde, il m'a invité au Fouquet's, tu vois un peu le truc. A côté de nous, y avait un mec, tu sais, je sais plus son nom, un député ou un mec comme ça, je crois même qu'il a été ancien  ministre socialiste,  mais, y a longtemps, moi, je suis pas trop ça de près, la politique et moi, ça fait deux, je sais même pas s'il a pas été premier ministre, en tous les cas , c'est possible, il a le crâne un peu dégarni, juste deux poils qui se battent en duel, tu vois un peu le truc.Il me faisait des petits signes tout en mangeant sa glace au chocolat. Moi, j'en ai un peu ras le bol de la routine, j'ai envie de profiter de ma jeunesse. Toujours les mêmes trucs avec toi, t'as pas d'imagination et tu m'as jamais emmené dans les lieux classe, toi les gargotes ,ça te va très bien, ça te suffit...
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-La plage, se contenta-t-il de dire.
Il allait satisfaire son désir de voir la mer, l'horizon.Il se précipita sur les galets, ce qui le surprit car il avait l'habitude du sable et il aurait voulu courir pour aller à la rencontre de la mer en imaginant arriver à marée basse, où il aurait pu se mesurer à la violence des éléments mais,il n' y a pas de marées sur la Méditerranée et il vit cette étendue paisible, presque paresseuse, quand il imaginait la violence de la tempête, d'une mer tumultueuse. Le soleil non plus n'était pas au rendez-vous. Le temps était un peu couvert presque pluvieux. C'était comme si tout se liguait contre lui .Il n'y aurait pas de combat fratricide contre les éléments déchainés et pas de canicule pour évoquer l'Afrique. La mer se refusait aux hostilités. Mais il regardait l'horizon en sachant que de l'autre côté, il y avait l'Afrique du nord, il y avait le Maroc. Serait-il possible, se disait-il de voir la ville de Tanger dans le lointain, on devait pouvoir la distinguer avec les yeux de l'imagination. Pour lui, cela avait un sens mystérieux, inexplicable.Il se rappelait la chaleur moite, les doigts de Nadine qui effleuraient ses doigts, sa présence, les odeurs de là-bas, la végétation exotique, les arganiers, les palmiers, les dattiers, les parfums de l'Orient qui vous tournaient un peu la tête. Voir Nice c'était au -delà des mers revivre cette lune de miel, ce moment d'éternité où l'avenir se dessinait sous l'apparence d'une fête à deux...
page 184
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Comme l'hiver lui semblait toucher à sa fin et alors qu'il rentrait par une journée brillant d'une clarté diffuse, il se disait que l'heure d'une nouvelle  discussion qui pourrait être une discussion d'apaisement , était probablement  venue et que le dialogue allait reprendre. En entrant, il vit un signe très positif de la part de Nadine qui lui dit: Il y a du courrier pour toi , alors qu'elle ne lui adressait jamais la parole, même pour faire ce genre de déclaration:
-Où demanda-t-il?
-Je l'ai gardé pour toi, sur le buffet du salon.Ils communiquaient , à nouveau,enfin ,tous les espoirs étaient permis. C'était une lettre du tribunal. Michel fut inquiet, comme on l'est, naturellement, à la réception de ce genre de lettres.Il se demandait bien quel délit il pouvait avoir commis pour recevoir une telle communication...
Chap 71 page 327
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C'était comme un appel qui suivait l'appel de Nice, Michel fut hanté par le terme Haussmann et , il se dit qu'il devait se rendre boulevard Haussmann pour y voir l'opulence et la prospérité, les lieux des banques et des grands commerces qui dans notre civilisation matérialiste symbolisent le bonheur et le succès.C'était le moment privilégié, la veille de Noël où la consommation bat son plein,où la ville regorge de lumières et de richesses,où tout suinte le luxe et la prospérité.Il entendait dans sa tête comme une ritournelle Haussmann, Haussmann le fondateur du Paris moderne, le propagateur de l'idéal de salubrité, hérité des lumières, qui a amené Paris à devenir la ville la plus polluée de France. Michel réagissait instinctivement, il voulait voir les lumières artificielles de la ville.Il voulait participer à la joie collective, il ne voulait pas être un exclu mais,il voulait prendre part pleinement à cette débauche d'opulence et de bonheur.Il allait pour une fois faire abstraction de toute   son histoire personnelle.Il y avait, dans les rues un flot humain ininterrompu,des gens qui entraient et sortaient  des grands magasins. la lumière du jour tombait mais, la ville allait se plonger dans une lumière artificielle, encore plus éclatante, en contraste avec la nuit où brillent encore plus fort les étoiles. Bientôt, chacun allait se retrouver dans la chaleur des foyers, les familles allaient se reformer .Il y avait une orgie de couleurs, de lumières, de commerces à chaque étal: des vêtements, des jouets, des bonbons, tous les moyens d'appâter les enfants qui entraîneraient les mères.Chaque sens était tenu en éveil, par l'odeur des confiseries, des barbes à papa, la musique omniprésente, les images et les couleurs luxuriantes, les objets que toutes ces mains tendues voulaient  toucher...
Litanie des faux témoignages page 277
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Enfin ,arriva le jour des résultats de l'Appel."Nous confirmons le jugement de première instance sur le dévouement de Mme Hauteville à sa famille et de son sacrifice pour la carrière de son mari. C'est une mère très affectueuse, très présente et très proche qui n'a pas eu peur de consacrer tout son temps et toute son énergie à l'éducation de sa fille et au bien-être de sa famille au détriment de son intérêt propre. La remarque s'applique moins à Monsieur Hauteville qui d'un  tempérament plus égoïste a préféré s'isoler,s'occuper de ses loisirs, de ses plaisirs de ses sorties laissant toute la charge et le fardeau de son foyer à sa femme.La personnalité -comme le fait ressortir Mme Hauteville -de M Hauteville est extrêmement inquiétante et remet en cause ses capacités éducatives.Il a voulu diriger son foyer dans la soumission et  la terreur n'ayant de cesse d'humilier Mme Hauteville-Crémieux...Mme Hauteville fait valoir à la cour que son mari a eu des gestes pédophiles dans des jardins publics sur sa fille mais également sur d'autres enfants présents dans le square Bellevue et au jardin du Luxembourg.Il semble d'après les éléments versés au dossier par Mme Hauteville -Crémieux que M Hauteville est agressif, violent ,pervers n'hésitant pas à violenter des innocents et à s'attaquer à plus faible que lui comme ce fut le cas avec M Gutiere . Mme Hauteville montre la grande souffrance dans laquelle elle  se trouvait pendant les années de mariage et la grande détresse dans laquelle  elle a souffert en silence et avec résignation au point de ne pouvoir trouver le soutien et le réconfort qu'auprès de ses propres parents et d'amis très chers qui durant tout ce temps lui ont apporté soutien et encouragement sans compter leur temps.M Hauteville n'a eu cesse d'envenimer le conflit lié à cette séparation et à dénigrer Mme Hauteville-Crémieux s'en prenant violemment à sa femme, à ses parents et amis et en mettant en cause de manière scandaleuse l'intégrité et l'indépendance de la justice par ses propos diffamatoires, propos qui s'apparentent à des outrages à magistrats. En conséquence M Hauteville est condamné aux dépens.Il convient au regard de ses revenus d'accroitre la pension alimentaire et condamnons M Hauteville à payer avant le début de chaque mois la somme de 1 700 euros,un droit de visite ne peut  être envisagé et le contact  sera maintenu par des visites bimensuelles dans un lieu neutre . En raison des efforts et des sacrifices très lourds consentis par Mme Hauteville-Crémieux pendant les années de mariage,condamnons M  Hauteville à payer à Mme Nadine Crémieux une prestation compensatoire d'un montant de  270 000 euros...
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page 299
La télévision était en marche mais , personne ne la regardait.IL s'agissait d'un match de foot de l'équipe de France. Eugénie quitta la pièce un instant pour retourner dans sa cuisine et Michel en profita pour zapper.Il tomba sur une interview de Houellebecq alors qu'Eugénie revenait dans la pièce.
-C'est qui ce clochard, dit-elle? On dirait un dépressif.
    Houellebecq était interviewé à propos de son dernier ouvrage  :"Eléments de relativité" mais, apparemment ce n'était pas le sujet sur lequel, il voulait être interrogé. Le journaliste essayait de l'interroger sur sa nouvelle vison de la société mais, Houellebecq l'interrompit et dit alors que se dessinait, subitement, un sourire radieux:
-Vous savez, j'ai beaucoup souffert mais, maintenant je connais le bonheur, grâce à mon nouveau compagnon, Solal, les femmes c'est fini, elles m'ont coûté trop d'argent.
    Houellebecq faisait donc son coming-out .Il avait rencontré un éphèbe, un acteur de théâtre appelé Solal de 30 ans de moins, qu'il appelait amoureusement son soleil, et depuis le bonheur semblait ne pas s'arrêter, ni vouloir le quitter.
-Chaque matin qui se lève est un bonheur recommencé, disait Houellebecq. Avant, c'était le malheur absolu, aujourd'hui c'est le bonheur absolu, mon erreur a été de croire que la femme est un sexe sentimental, c'est faux, la femme est un sexe vénal, elle m'a,d'ailleurs, coûté une fortune. Mes divorces m'ont ruiné.J'avais droit au bonheur, comme tout le monde, disait-il et je ne l'avais jamais connu, mais depuis ma prière a été exaucée, dit-il dans un sanglot, en sortant un mouchoir, tant l'émotion était grande. C'était une grande douleur qu'il avait voulu cacher, voire nier, des années de mal-être et cette révélation avait permis de faire disparaitre ce passé d'immenses souffrances qui empoisonnaient depuis longtemps la vie du romancier à succès...
    
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...Michel se leva fou de rage et se mit à beugler, tout seul, dans le hall du cabinet de l'avovat Aldinger en allant donner un coup de poing contre la fenêtre, heureusement sans la casser.
-Mais, c'est un tissu de conneries et de mensonges, justice dégueulasse et justice pourrie, bandes d'ordures et de salopes.
La secrétaire se précipita pour l'expulser:
-Calmez-vous M Hauteville ou nous devrons appeler la police.
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(J'attends,un enfant triste, passer la frontière,je ne sais plus quand...)

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